Recommandations

Depuis 2011, le Committee to Protect Journalists (CPJ), le Rory Peck Trust, et Reporters sans frontières (RSF) œuvrent conjointement à la défense des journalistes en exil. Chaque année, nos organisations soutiennent des dizaines de journalistes, parmi lesquels de nombreux freelance, menacés de représailles ou d’emprisonnement contraints de fuir leur pays, en raison de leurs activités.

Depuis plusieurs années déjà, l’Iran, la Somalie, la Syrie, l’Ethiopie et l’Erythrée, sont les principaux pays que fuient les journalistes. Ces derniers échouent le plus souvent en Turquie, au Kenya ou en Ouganda.

Si leur situation est proche de celle des autres réfugiés, leur profession les rend plus vulnérables et les exposent à des représailles malgré l’exil. Convaincus que l’exil forcé des journalistes représente une forme grave de violation au droit universel d’informer et d’être informé, le CPJ, le Rory Peck Trust et RSF émettent les recommandations suivantes :

Au Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR)

  • Collaborer activement avec la société civile en matière de protection des journalistes en exil et continuer à travailler de concert avec les organisation de défense de la liberté d’expression et de la presse afin d’identifier et de pourvoir plus rapidement aux besoins spécifiques des journalistes en exil.
  • Garantir un meilleur accès des journalistes réfugiés à des mesures de protection individuelle, aux programmes de refuges urbains, de réinstallation, ainsi qu’à la procédure de réinstallation d’urgence et au mécanisme d’évacuation temporaire dans des pays sûrs des Nations unies.
  • Renforcer sa collaboration avec l’ensemble des agences onusiennes pour la réalisation du Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité et, notamment, transmettre des informations détaillées sur les journalistes en exil et leur situation dans les pays où ils se trouvent.

A l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco)

  • Agence onusienne chargée du respect de la liberté d’expression, il appartient à l’Unesco de garantir que l’ensemble des Etats membres offre une protection adéquate aux journalistes en exil.
  • S’assurer que la problématique des journalistes en exil est prise en compte dans la mise en œuvre du Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.
  • Effectuer des rapports au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur la question des journalistes en exil traitant des motifs de leur fuite ou de leur situation dans leur pays de refuge, dans le cadre du mécanisme d’examen périodique universel

Aux pays de « premier refuge » : Kenya, Turquie et Ouganda, notamment

  • Protéger les journalistes en exil cherchant refuge sur leur territoire des manœuvres de persécutions ou de représailles des agents gouvernementaux de leurs pays d’origine.
  • Permettre aux journalistes de s’établir hors des camps de réfugiés. Souvent situés près des frontières, ses derniers sont facilement accessibles aux émissaires des gouvernements que les journalistes fuient et ne peuvent, dès lors, être considérés comme sûrs pour eux.
  • Enquêter de manière systématique et transparente sur les attaques dont sont victimes les journalistes réfugiés sur leur territoire, y compris lorsque des représentants des autorités locales sont mis en cause.
  • Accorder des permis de travail aux journalistes réfugiés souhaitant continuer leurs activités, afin de leur permettre de subvenir à leurs besoins tout en continuant de promouvoir la liberté d’information.

Aux pays de réinstallation et d’asile : Etats-Unis et Etats membres de l’Union européenne, notamment :

  • Augmenter leurs quotas nationaux de réinstallation onusienne et assurer le traitement prioritaire des dossiers de journalistes en exil.
  • Faciliter l’accès et le dépôt, auprès de leurs représentations consulaires, de demandes de visas humanitaires par des journalistes contraints de fuir leur pays en raison de leurs activités.
  • Permettre aux journalistes en exil d’introduire des demandes d’asile auprès de leurs ambassades dans les pays de transit dans lesquels ils se trouvent et de leur garantir un accès rapide à leur territoire, en cas de réponse positive.

A la Commission européenne