Fuad Abdel Aziz


Journaliste professionnel, correspondant pour l’agence de presse officielle Sana, Fuad Abdel Aziz a été contraint de relayer les mensonges du régime suite au soulèvement de Deraa, première ville syrienne insurgée et envahie par l’armée régulière à la fin du mois d’avril 2011. Soupçonné dès le début des événements de sympathie envers le mouvement révolutionnaire, il raconte la mise en place, au sein de l’agence, de mesures exceptionnelles de surveillance des journalistes.

Son témoignage illustre les pressions exercées à l’encontre des journalistes de la presse officielle syrienne qui remettent en cause la stratégie de désinformation du régime.

Rafaat Al-Ghanem


Blogueur emprisonné en Arabie saoudite pour avoir lancé une pétition appelant à la libération de prisonniers politiques saoudiens, Rafaat Al-Ghanem a été remis par les autorités saoudiennes aux services de renseignement syriens, après le début du soulèvement populaire en Syrie. Dès sa sortie de prison en juillet 2011 il s’est engagé auprès de jeunes militants syriens en faveur d’une révolution pacifique en Syrie et a de nouveau fait face au harcèlement des services de renseignement. Le journaliste a dû se résoudre à quitter son pays pour la Jordanie voisine comme des centaines de milliers de ses compatriotes. C’est en Jordanie qu’il a rencontré Radio El Balad, une radio jordanienne qui a lancé un programme animé par des journalistes syriens. Il revient sur son parcours et évoque le sujet sensible des camps de réfugiés syriens en Jordanie ainsi que les difficultés auxquelles font face les journalistes voulant informer sur les conditions de vie dans les camps.

M., journaliste iranienne


Licenciée des différents médias pour lesquels elle travaillait en raison de sa liberté de ton, M. a quitté l’Iran pour se réfugier en Malaisie en 2011. Sa persévérance à poursuivre ses activités en exil et à dénoncer les agissements des Gardiens de la Révolution lui a valu de subir des menaces de la part du régime de Téhéran et de ses sbires, sous le regard complaisant des autorités malaisiennes. Aujourd’hui, M. vit cachée dans la crainte d’être expulsée vers son pays d’origine. Récit d’une journaliste en cavale.

Ahmednor Farah


Journaliste au sein de Radio Shabelle Network, Ahmednor a fui la Somalie pour assurer sa sécurité en 2009. Représentant de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ) au Kenya, Ahmednor s’efforçait de soutenir ses confrères réfugiés comme lui à Nairobi. En 2013, le journaliste a pu bénéficier d’une réinstallation pour les Etats-Unis.

Il revient pour nous sur la terrible situation de la liberté de la presse en Somalie, l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les professionnels de l’information, et sur les difficultés auxquelles ses confrères font face, une fois franchie la frontière vers le Kenya.

Amanuel Ghirmay


Dans son pays, l’Erythrée, bon dernier du classement mondial de la liberté de l’information et plus grande prison d’Afrique pour les journalistes, Amanuel Ghirmay a travaillé dix ans au sein du ministère de l’Information. Pas d’autre choix possible puisque la presse privée et indépendante est « suspendue ». A Asmara, le jeune homme était contraint de relayer la propagande gouvernementale. Ne supportant plus de servir un régime tyrannique et cruel, et craignant de subir le même sort que nombre de ses confrères détenus au secret dans les multiples geôles du pays, Amanuel a fui au péril de sa vie.

Journaliste connu et respecté, il est devenu un réfugié parmi d’autres, anonyme, éprouvant comme nombre de ses compatriotes les dures conditions de vie des camps en Ethiopie.

Aujourd’hui établi en France, il travaille pour la station érythréenne en exil Radio Erena. Son témoignage illustre les douleurs des journalistes et réfugiés érythréens.

Krishan Rajapakshe


Krishan Rajapakshe fait partie des rares journalistes cinghalais à avoir couvert les violations des droits de l’homme subies par la communauté tamoule. Il a participé à la création du site d’information Yukthiya (www.yukthiya.com) en 2011, dans le but de sensibiliser les Sri Lankais cinghalophones à la situation de cette minorité. Seul contributeur du site depuis le Sri Lanka, il s’est exposé à de grands risques pour enquêter sur le terrain et a finalement fuit son pays à l’automne 2012, suite à des menaces répétées d’éléments radicaux et d’agents proches du gouvernement. Il revient sur les risques encourus par les journalistes qui osent aborder des sujets sensibles au Sri Lanka.